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La Région

La Touraine est une région située au cœur de la France. Elle est célèbre pour ses châteaux et ses vins.

La Touraine correspond à peu près au département d’Indre et loire (37) et comprend la région de Bourgueil (Benais, Restigné, Gizeux, Continvoir, La Chapelle sur Loire, Chouzé sur Loire, Saint Nicolas de Bourgueil, Ingrandes de Touraine).

Bourgueil est en bout de circuit et souvent oublié par les touristes pressés qui, saturés des merveilles que les châteaux de la Loire ont proposé à leur admiration, se hâtent vers la mer ou la montagne.

Mais pour ceux qui, prenant leur temps, abordent notre région, le Bourgueillois fera juste l'effet d'un retour aux sources, aux sources de la nature, du calme, de la verdure, de la forêt, des eaux tranquilles. De plus, et cela est un attrait appréciable, à la source d'un vin noble et délicat, fruité et généreux, dont le souvenir restera en mémoire aussi vif que les beautés de la Renaissance et du Val de Loire, car c'est aussi une œuvre. Le Bourgueillois est une "vallée" évasée, en terrasse au nord de la Loire, qui comprend deux niveaux : la région de "Varennes" dite "Basse Terrasse" où, avant la construction des levées (ou digues), le fleuve se choisissait un lit au hasard des crues ; et la "Haute Terrasse", beaucoup plus ancienne, où est installé le vignoble. C'est aussi au nord, un plateau boisé dominant cette vallée. Nous retrouvons ici la définition que donnait Balzac à la Touraine : "un Habit de Bure à Broderies d'Or".

Les broderies d'or sont les richesses archéologiques et les vignobles des huit communes des appellations Bourgueil et Saint-Nicolas-De-Bourgueil.

L'habit de bure est le plateau boisé où les chasseurs traquent sangliers et chevreuils comme le pratiquaient les abbés de Bourgueil au temps où Rabelais faisait perdre sa cognée pauvre Couillatris près du ruisseau de Gravot ; les chiens de l'abbé de Hurault de Cheverny s'y désaltéraient tandis que leur maître se restaurait dans son Hôtel de la Guerrière.

Venant de Tours et se dirigeant vers Saint-Nicolas-De-Bourgueil, le visiteur rencontrera :

SAINT PATRICE,

que domine le château de Rochecotte, si riche en souvenirs de Talleyrand qui l'avait fait acheter à sa nièce, la Duchesse de Dino.

Le charme du petit village de St Patrice séduit par sa pittoresque exposition en plein midi, appuyé contre le coteau boisé.

C'est cette situation qui a fait la renommée de son vignoble qui couvre environ une dizaine d'hectares.

Quelques vignes sont plantées sur des graviers fins de la Loire au lieu-dit "Les Gravois". Les vins ont des tannins adoucis et un fruité très marqué où les nuances sont subtiles.

INGRANDES-DE-TOURAINE,

qui vient ensuite "Igoranda : frontière". C'était l'ancienne limite de la Touraine. Ici on propose au visiteur une cave du Cardinal de Richelieu, dont la famille aurait possédé des biens dans la région. A l'ouest du village, le château de la Minière fut construit au XVIIe siècle sur un ancien fief datant de 1436.

RESTIGNE,

s'enorgueillit de posséder le plus grand vignoble de l'appellation Bourgueil. Il s'étend sur 520 hectares, constitué pour la plus grande partie en une large terrasse de graviers dont la pente descend doucement vers le sud.

Contre le coteau, sur une centaine d'hectares enfiron, la nature du sol diffère : l'argile domine et le tuffeau affleure en surface. A ces deux types de sols correspondent des vins différents : le premier donne des vins aromatiques à boire jeunes, et le second, des vins très structurés à laisser évoluer quelques années. L'assemblage des deux, pour les vignerons qui possèdent des vignes sur les deux parties de la commune, conduit à un équilibre harmonieux.

BENAIS,

situé  au nord de Restigné, qui s'appuie sur le coteau à l'entrée de la vallée du Changeon.

Dans le village, un beau logis d'entrée à large porte en arc, laisse admirer la façade moderne flanquée de deux tours à coupoles du château de la Maison de Laval. C'est actuellement la propriété de la ville de Boulogne-Billancourt qui y accueille ses enfants.

L'église à voûtes angevines possède un retable et des stalles du XVIIe siècle. Le vignoble de Benais d'une superficie de 200 hectares tient une place à part dans l'appellation Bourgueil. Il est principalement implanté sur sol argilo-calcaire, qui donne des vins à la structure solide, fermés dans leur jeunesse mais qui vieillissent admirablement. Un autre trait de Benais est la présence de nombreuses caves creusées dans le tuffeau. Autrefois carrières d'où l'on extrayait de la pierre de construction (certaines sont restées en activité jusqu'en 1950), elles servent maintenant au mûrissement du vin.

LA CHAPELLE-SUR-LOIRE,

qui s'étire le long du fleuve qu sud de Restigné.

Autrefois Chapelle-Blanche-St-Martin en souvenir des deux mendiants paralytiques qui, fuyant les reliques de St Martin, jurent être guéris malgré eux. Sur les bords de Loire, à l'est du bourg, se trouve le hameau des Trois-Volets auquel s'attache la jolie légende des trois mendiants qui voulurent exploiter la charité de S- Martin. Maintenant, la Chapelle-Sur-Loire, avec son église presque sur la levée, semble sortir des eaux. Cet édifice renaissance possède, avec un beau portail, de remarquables portes en bopis sculpté du XVIe siècle.

Les vignes, à la Chapelle, sont peu nombreuses. Elles couvrent environ 25 hectares. Il faut dire que les sols propices à sa culture sont exclusivement les "montilles", sortes d'îlots de graviers anciens qui ont résisté aux crues de la Loire On y produit des vins aimables, plaisants, qui fleurent bon la framboise ou la mûre.

BOURGUEIL,

ville sans clocher, qui frappe le touriste par les restes de son importante abbaye bénédictine dont le haut château abbatial est précédé par la sévère construction du XIIIe siècle, les celliers.

Bien que passablement dévastée sous la Révolution, l'Abbaye mérite une visite : l'ancien réfectoire, grande salle voûtée en anse de panier, l'escalier d'une perfection si hardie, l'infirmerie aux murs recouverts de belles boiseries Louis XV et les restes d'un cloître du XVe siècle.

Dans les bâtiments  où l'on se rend par un portail Louis XIII, un plafond peint du XVIIe siècle est encore en place.

Cette Abbaye, fondée en 990, s'est enrichie tout au long de l'Ancien Régime et posséda même au loin de nombreuses dépendances. Les jardins suspendus célèbres sous la Renaissance existent toujours, ils furent chantés par le Prieur Baudry et par Pierre de Ronsard son hôte le plus réputé, neveu de Charles de Pissemeu, abbé commanditaire et frère d'une maîtresse de François 1er. Il immortalisa dans ses lettres le nom de notre petite cité.

L'église possède un choeur, de plan carré, de style gothique angevin, ou Plantagenêt, souvent cité pour la perfection de son architecture. La nef ouvre à l'ouest par une porte romane surmontée d'un pignon qui est un bel exemple de construction en appareil réticulé.

En face, la Maison des Vins de Bourgueil vous attend.

Bourgueil avec ses 300 hectares de vigne, est la seconde commune de l'appellation. La plupart des sols sont des graviers et des sables en mélange. Ils donnent des vins modérément tanniques, élégants, qui s'assouplissent rapidement. Contre le coteau, avec des terres plus riches en argile, les vins sont complexes, il faut les laisser évoluer, le temps les assagit.

CHOUZE-SUR-LOIRE,

sur le bord du fleuve, qui a reçu de nombreux bateliers avant que le chemin de fer ne ruine "les marchands fréquentant la rivière de Loire". Le bateau encore suspendu à la voute de l'église rappelle le rôle qu'a joué cette bourgade ligérienne jusqu'au début du siècle. Les anciens quais ont été aménagés en agréables pormenades ombragées. Chouzé a donné naissance au naturaliste Chaumeton. Le mémorialiste Gédéon Talleman a donné son nom au beau château des Réaux construit en damier briques et pierres par Jean Briçonnet, comme Chenonceau. Il s'appela d'abord "Plessis-Rideau".

Comme pour la Chapelle, les sols favorables à la culture de la vigne sont les îlots de graviers qui émergent dans les Varennes. La superficie plantée est de 50 hectares environ. Les vins évoquent les arômes de fruits rouges que donnent les sols légers du Bougueillois. Peu tanniques, il faut les boire jeunes, sans attendre, et s'en régaler.

SAINT-NICOLAS-DE-BOURGUEIL,

qui est la dernière commune avant le Saumurois. Près du bourg, au Port-Guyet, existe encore la demeure de Marie Dupin, une aimable  bergère de 15 ans, que rencontra Pierre de Ronsard. Il lui chanta son cœur dans les "Amours de Marie".

Le charme de Saint-Nicolas réside dans la calme tranquilité de sa grande place, et la perfection de ses cultures : belles vignes peignées, vergers en cordon, et terrains bien sarclés.

Cette petite cité à la limite de la Touraine s'est toujours voulu indépendante. Ses vignerons ont revendiqué leur propre appelletion : Saint-Nicolas-De-Bourgueil.

Le vignoble s'étend sur près de 800 hectares, implanté en quasi-totalité sur sols sableux. Seules quelques vignes, sur les dernières pentes argileuses du coteau, produisent des vins plus charpentés.

GIZEUX,

au nord du vignoble, vous fera découvrir son château du XVIe siècle, ouvert au public, son église avec ses orants de marbre blanc de la famille du BELLAY et sa magnifique forêt.

CONTINVOIR,

proche de Gizeux possède une très vieille église du XIe siècle, un dolmen près du cimetière et un joli plan d'eau à l'orée de sa forêt giboyeuse.

 

Il y a beaucoup à voir dans le Bourgueillois, mais il y a encore beaucoup plus à sentir, et cela seul un séjour prolongé le permet ; c'est pourquoi nombre de personnes s'y sont fixées ou reviennent périodiquement pour en avoir saisi le charme. C'est la région, écrivait Roland Engerand, "où tout homme de quelque origine qu'il soit, rêve ou pense un peu mieux que partout ailleurs".

 

 

 

N'hésitez pas à visionner le petit film-documentaire de la région !!!

www.pays-du-chinonais.fr